- L’essenziale in breve
Priorité à l’humain
Les solutions numériques sont censées décharger les médecins pour leur permettre de consacrer plus de temps aux patientes et patients. Une bonne collaboration de toutes les parties impliquées est nécessaire pour que cette exigence devienne une réalité.
14.04.2026
Nous avons choisi notre profession pour traiter des êtres humains et non pas des écrans. Nous voulons écouter, examiner, traiter et accompagner. Pourtant, aujourd’hui, le quotidien de nombreux médecins hospitaliers est souvent différent: au lieu de passer du temps avec les patientes et patients, nous passons une partie non négligeable de notre temps devant l’ordinateur. Clic après clic, formulaire après formulaire. Il ne nous reste donc (trop) souvent pas assez de temps pour les tâches essentielles.
Cela nous fait mal au cœur, car la relation est à la base de la médecine. Elle vit du contact direct, de la discussion, de la compréhension. Si ce temps se réduit comme peau de chagrin, c’est l’essentiel qui est perdu. Le surcroît de bureaucratie et l’inefficacité de l’administration hospitalière sont, depuis longtemps déjà, un problème considérable.
Davantage de temps grâce aux solutions numériques?
Les solutions numériques judicieuses sont axées sur l’utilisation et l’utilisateur. Elles nous rendent du temps et de l’espace: du temps pour l’entretien, pour l’évaluation clinique, pour l’humanité dans la médecine. Elles devraient être intuitives, bien intégrées dans le travail quotidien et surtout développées conjointement avec les utilisatrices et utilisateurs.
C’est pourquoi l’asmac s’engage depuis des années pour que l’on:
- introduise des systèmes informatiques interopérables dans toute la Suisse,
- renonce systématiquement aux technologies obsolètes,
- évite systématiquement les ruptures de médias et les tâches de documentation et de rédaction redondantes,
- réduise la bureaucratie par une transformation numérique apportant une vraie valeur ajoutée.
Les utilisatrices et utilisateurs doivent avoir leur mot à dire
Mais comment y parvenir? Les employeurs et les responsables informatiques sont appelés à agir. Ce sont eux qui doivent numériser les processus bureaucratiques (p. ex. les formulaires standardisés, les outils de dictée), supprimer les tâches superflues et éviter d’en créer de nouvelles.
Les médecins en tant qu’utilisateurs doivent pouvoir participer activement à la conception de la transformation numérique. Ils travaillent quotidiennement avec de nombreux systèmes informatiques et sont donc les mieux placés pour identifier les processus qui fonctionnent, ceux qui sont chronophages ou qui entravent, voire mettent en péril, la prise en charge des patients. Leurs retours sont essentiels pour concevoir des solutions numériques efficaces et axées sur la pratique, qui apportent un soulagement réel.
Les utilisatrices et utilisateurs devraient donc dès le début être impliqués dans le développement, le choix et le perfectionnement des outils informatiques, et cela pas seulement à titre consultatif, mais participatif. C’est la seule manière de développer des solutions qui font leurs preuves en clinique et apportent une vraie valeur ajoutée aux patientes et patients ainsi qu’au personnel médical.