- L’essenziale in breve
«Nous ne pouvons pas nous permettre ce gaspillage de ressources»
Les médecins-assistant(e)s et chef(fe)s de clinique continuent de travailler trop longtemps, beaucoup d’entre eux sont épuisés. Nous ferions donc bien d’améliorer rapidement leurs conditions de travail si nous voulons, à l’avenir aussi, pouvoir compter sur un système de santé de qualité.
09.06.2026
C’est réjouissant. Les efforts en faveur de la semaine de 42+4 heures semblent porter leurs fruits. En 2025, les médecins-assistant(e)s ont en moyenne travaillé, pour un poste à plein temps, près de quatre heures de moins que trois ans auparavant. C’est ce qui ressort du sondage auprès des membres que l’Institut Demoscope réalise tous les trois ans pour notre compte.
L’épuisement reste élevé
En même temps, les résultats sont choquants et décevants. La durée hebdomadaire de travail moyenne dépasse toujours les 54 heures. Ce sont quatre heures de plus que ce que la loi sur le travail autorise. 58% des médecins-assistant(e)s et chef(fe)s de clinique rapportent des violations de la loi sur le travail. Près de 60% des personnes interrogées évoquent des mises en danger de patients en rapport avec le surmenage. Et surtout, environ 40% des médecins interrogés se sentent souvent ou la plupart du temps épuisés, et un médecin sur cinq se dit de temps en temps ou souvent qu’il n’en peut plus. Ces résultats n’ont quasiment pas évolué depuis le dernier sondage il y a trois ans.
L’épuisement qui avait constamment augmenté depuis le premier sondage en 2013 jusqu’en 2022 et qui s’est stabilisé à un niveau élevé m’inquiète. Il n’est pas seulement le résultat des longues journées de travail. Il est aussi induit par les nombreuses heures de travail qui sont trop souvent occupées par des tâches administratives pénibles et frustrantes. Et aussi par les difficultés de concilier travail et famille, et les rares possibilités de travailler à temps partiel. De plus, à la fin de longues semaines de travail, il manque très souvent le temps et l’énergie nécessaires pour suivre la formation postgraduée obligatoire. Celle-ci serait pourtant essentielle, notamment pour les médecins-assistant(e)s, si nous voulons disposer un jour de médecins spécialistes compétents et motivés. Pour finir, l’épuisement a pour conséquence que de nombreux médecins qualifiés et formés à grands frais abandonnent prématurément la profession. Ils manquent dans le système, ce qui entrave le travail de ceux qui restent, et qui doivent donc fournir encore plus d’efforts. Nous ne pouvons pas nous permettre ce gaspillage de ressources.
Les hôpitaux doivent agir
Pour l’asmac, il est évident que la semaine de 42+4 heures n’est pas seulement souhaitable, mais obligatoire pour que le système de santé garde la forme sur la durée. L’époque où l’on pouvait impunément violer la loi sur le travail est définitivement révolue; nous poursuivons notre engagement dans tous les cantons pour veiller à ce qu’elle soit respectée. Et nous nous engageons pour moins de travail administratif et des processus plus efficaces afin que des horaires de service conformes à la loi sur le travail puissent être mis en œuvre. Les hôpitaux ont les cartes en main: en tenant compte des besoins des jeunes médecins, ils peuvent assurer des soins de qualité avec une planification des besoins réaliste, des modèles de travail modernes, une formation postgraduée de qualité et des processus efficaces. Au final, tout cela est à l’avantage des patientes et des patients et de nous tous.